jean gabriel pelissou

Albi vise l’autosuffisance alimentaire d’ici à 2020

La municipalité d’Albi (presque 50 000 habitants) vise l’autosuffisance alimentaire d’ici à 2020. La Chambre d’agriculture du Tarn et des agriculteurs locaux participent.

Manger bon, manger une alimentation issue de l’agriculture raisonnée, mais surtout local. C’est le principe édicté par la municipalité (divers droite) d’Albi (49 000 habitants, le double en comptant les communes alentour qui la touchent) à travers le projet relatif à l’autosuffisance alimentaire qu’elle vient de lancer. Objectif : que tous les habitants du chef-lieu du Tarn s’approvisionnent avec des produits cultivés et fabriqués dans un rayon de 60 kilomètres autour de la ville qui accueille la préfecture. Une initiative qui est une grande première en France pour une commune de cette importance !

Vente directe et impact carbone

Jean-Michel Bouat, adjoint au maire en charge du développement durable et de l’agriculture urbaine, qui a mûri toute l’idée, s’enthousiasme. « C’est du bon sens. Il s’agit d’apprendre aux gens à se nourrir, à réfléchir à la provenance de ce que l’on mange, à créer du lien et en plus, on favorise la vente directe et on limite l’impact carbone ! » répète à l’envi l’élu qui se décrit tel un écolo centriste.

Le concept se décline selon deux stades très innovants.

D’abord, les Albigeois sont appelés à cultiver, choux, pois ou fruits rouges, disposés en bas de leurs immeubles à l’intérieur de keyholes, sorte de potagers hors-sol, une pratique empruntée à l’Afrique. Dans leur entreprise, ces paysans urbains sont épaulés par l’association des Incroyables jardiniers, les associations de quartiers et les services municipaux des parcs et jardins. Tout ce petit monde est également appelé à réitérer l’opération un peu partout en ville, comme au beau milieu du magnifique cloître Saint-Salvy du XIIIe siècle et ses arcades gothiques et romanes. Au total, ce sont 24 stations qui sont cultivées ainsi et dans lesquelles la population est invitée à venir se servir gratuitement. Mais à chaque fois un panneau précise au moyen de plusieurs pastilles de couleurs qu’il convient de se pencher seulement lorsque l’état de maturité des cultures le permet.

Cinq maraîchers sur 73 hectares, avec permaculture et bio

Et puis l’autre volet de ce programme volontariste se joue de part et d’autre du secteur de Canavières. Un vaste terrain de 73 hectares non constructible, situé sur les bords du Tarn, à 15 minutes en vélo du centre-ville et de sa célèbre cathédrale Sainte-Cécile, qui vaut à la cité épiscopale son classement depuis 2010 au patrimoine culturel mondial de l’humanité. Ici la ville a installé, pour commencer, cinq maraîchers et leur a demandé d’œuvrer en faveur des cantines scolaires comme du grand public.

Jean-Gabriel Pélissou est l’un d’eux. Pour l’heure il prépare cette parcelle de 1,3 hectare dont il a pris possession cet été. Un espace pour lequel il ne devra s’acquitter du loyer de 70 € l’hectare que dans deux ans et qui lui permettra de cultiver des fruits et légumes selon les techniques de la permaculture et du bio, rien que du bio. C’est une condition essentielle pour la ville. « Je voulais un terrain mais sans être propriétaire, ni avoir d’emprunt. Ce projet m’a beaucoup plu pour l’impact écologique et contribuer à une alimentation toujours de saison. Et puis on va pouvoir échanger nos connaissances et s’entraider sur cette terre qui est très légère, car il y a beaucoup d’eau en sous-sol. Tout cela est très intéressant pour chacun de nous ! » s’enthousiasme déjà Jean-Gabriel Pélissou.

« Un projet ambitieux (pour) relocaliser la consommation
au bénéfice de tous les Albigeois et des agriculteurs
»

Du côté de la Chambre d’agriculture, on se déclare prêt à travailler de concert avec la ville et à apporter des conseils aux maraîchers de Canavières. « Cela dit, l’autonomie alimentaire, pour certaines choses on y est déjà », souligne Annie Tizon, responsable du service environnement et foncier à la Chambre d’agriculture du Tarn. « Je pense en particulier aux céréales. Mais c’est un projet ambitieux qui va donner la possibilité de relocaliser la consommation au bénéfice de tous les Albigeois et des agriculteurs et aussi de développer les circuits courts ! »

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la ville d’Albi entend d’ici les prochains mois demander leur contribution à des agriculteurs proches, mais extérieurs à la cité.

En savoir plus : http://www.mairie-albi.fr/lautosuffisance-alimentaire-%C3%A0-albi (l’autosuffisance alimentaire à Albi présenté par le site internet de la mairie).

Ci-dessous, Jean-Gabriel Pélissou est l’un des cinq maraîchers déjà installés sur le site de Canavières.

Ci-dessous, Jean-Michel Bouat : « C’est un projet essentiel, pour réfléchir à la provenance de ce que l’on mange. » (photo F. Guibilato, ville d’Albi).

Ci-dessous, partout en ville, 24 stations donnent à la population et à plusieurs associations l’opportunité de cultiver fruits et légumes. (photo F. Guibilato, ville d’Albi).

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